Deux motocyclettes, 20,128 kilomètres parcourus…
Pour atteindre la Terre de Feu, pour les derniers kilomètres, Jacques et moi seront assis confortablement à l’intérieur d’un « Toyota Land Cruiser », véhicule européen, dont le volant
est à droite.
En effet, le 14 janvier, malgré des vents
très forts, nous avions décidé de continuer notre route en motocyclette et à partir de Commodore Rivadavia, nous avions roulé sur une distance de 30 kilomètres toujours vers le sud et… nous avons
dû rebrousser chemin à cause des vents violents soufflant sur notre route qui longeait l’océan Atlantique.
Eh oui `! Dimanche, le 15 janvier 2010, à partir de cette ville pétrolière, nous avons échangé
nos deux engins métalliques pour ce véhicule à 4 roues. Pour une période indéterminée, nous accompagnerons Ivan et Dajana, un jeune couple « charmant » de la Croatie parcourant le monde
depuis plus de huit mois.
Sur la côte ici, il y a des vents violents – au moment où nous roulions, les vents soufflaient à 42 km/heure. Le lendemain, dimanche, on nous a dit que les vents étaient de 93 km/heure sur
le même tronçon de route entre Commodore Rivadavia et Caleta Olivia située sur la Route Nationale 3 (RN3). Pour se rendre vers le sud par la côte est, il n’y a pas d’autres alternatives que
ce chemin. Sur la côte ouest, on nous a dit que les vents étaient similaires et que, de plus, 50% de la route était de gravier.
Pour comprendre davantage, si vous regardez sur la carte géographique, plus on se dirige vers Terre de Feu , plus la terre se rétrécie. Alors, nous croyons que nous nous trouvons forcément
engagé entre deux océans : Le Pacifique et l’Atlantique, d’où viennent ces grands vents.
Les gens d'ici nous ont raconté qu’à partir de Commodore Rivadavia, il y a des risques élevés de chute, et ce, pour la plupart des motocyclistes à cause de l’état des routes (souvent de
gravier) et aussi à cause des vents violents. Nous avons questionné un motocycliste qui remontait vers le nord et nous lui avons demandé : «Et puis, comment as-tu trouvé la route vers le
sud?" En baissant les yeux et en secouant la tête négativement, il a répondu : «Muchos, muchos vientos (beaucoup trop de vent)». Nous n’avons pas cru nécessaire de lui demander
de préciser, par exemple : As-tu fait une chute avec ta moto ? T’es-tu rendu jusqu’à Ushuaia ? Le gestuel de cet homme était assez révélateur…
Avec un pincement au cœur, nous avons donc décidé de stationner nos chevaux métalliques et de laisser une partie de nos bagages dans un garage privé, pour un moment, le temps de se rendre à
Ushuaia en autobus et d'y revenir. En effet, le propriétaire de notre camping nous a offert ce service, gratuitement, à son domicile et a ajouté qu’il le faisait régulièrement pour les
grands voyageurs en motocyclette tout en nous montrant fièrement son 4 roues modifié, stationné dans son garage.
Alors, nous étions décidé de poursuivre notre route, « sac au dos, en autobus », jusqu’à notre destination.
Le temps de se réorganiser, nous avons couché deux nuitées dans ce camping tout près de l’océan où le vent soufflait. Le vent souffle toujours, toujours, toujours. Alors, les deux
matins, nous nous sommes réveillés avec une dune de sable «dans la tente». C’est pas compliqué, on en mangeait…
Et dans ce même camping, pour une seconde fois, c’est là que nous avons rencontré le jeune couple « charmant » de la Croatie arrivant d’Afrique. Nous les avions déjà rencontré une première
fois à Buenos Aires, plus précisément à Dakar-Moto, endroit où nous avions séjourné deux jours - nous avions monté notre tente en arrière du garage, en attente de nos pièces de motos du
Canada.
Ivan et Dajana - vous devez prononcer "Dayana", c'est beau hein ! Alors, ce jeune couple parcourent le monde depuis déjà huit mois à l’aide de leur véhicule adapté à leurs
besoins. De l’Afrique, ils ont atterri à Buenos Aires et descendent vers le sud pour mieux remonter vers le nord, peut-être jusqu’au Canada, ils l’espèrent ! Nous aussi
!
Ils nous ont invité à poursuivre notre voyage avec eux jusqu’à Ushuaia et nous devrions retourner en autobus vers le nord pour récupérer nos motocyclettes.
Il nous fait « ben curieux » de penser que nous revenons sur nos pas.
En effet, la distance à parcourir est maintenant plus courte que la distance parcourue. Oui, nous revenons sur nos pas, nous devons cesser de nous éloigner. La moitié du voyage est
accomplie. À partir de maintenant, nous nous rapprochons de plus en plus vers notre chez-nous, le Québec !
Solange et Jacques
Derniers Commentaires