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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 17:10

Deux motocyclettes, 20,128 kilomètres parcourus…

Pour atteindre la Terre de Feu, pour les derniers kilomètres, Jacques et moi seront assis confortablement à l’intérieur d’un « Toyota Land Cruiser », véhicule européen, dont le volant est à droite.
2010-01-28 133En effet, le 14 janvier, malgré des vents très forts, nous avions décidé de continuer notre route en motocyclette et à partir de Commodore Rivadavia, nous avions roulé sur une distance de 30 kilomètres toujours vers le sud et… nous avons dû rebrousser chemin à cause des vents violents soufflant sur notre route qui longeait  l’océan Atlantique.

Eh oui `!  Dimanche, le 15 janvier 2010, à partir de cette ville pétrolière, nous avons échangé nos deux engins métalliques pour ce véhicule à 4 roues.  Pour une période indéterminée, nous accompagnerons Ivan et Dajana, un jeune couple « charmant » de la Croatie parcourant le monde depuis plus de huit mois.
2010-01-18Argentina 052
Sur la côte ici, il y a des vents violents – au moment où nous roulions, les vents soufflaient à 42 km/heure.  Le lendemain, dimanche, on nous a dit que les vents étaient de 93 km/heure sur le même tronçon de route entre Commodore Rivadavia et Caleta Olivia située sur la Route Nationale 3 (RN3).  Pour se rendre vers le sud par la côte est, il n’y a pas d’autres alternatives que ce chemin.  Sur la côte ouest, on nous a dit que les vents étaient similaires et que, de plus, 50% de la route était de gravier.


Pour comprendre davantage, si vous regardez sur la carte géographique, plus on se dirige vers Terre de Feu , plus la terre se rétrécie.  Alors, nous croyons que nous nous trouvons forcément engagé entre deux océans :  Le Pacifique et l’Atlantique, d’où viennent ces grands vents.


Les gens d'ici nous ont raconté qu’à partir de Commodore Rivadavia, il y a des risques élevés de chute, et ce, pour la plupart des motocyclistes à cause de l’état des routes (souvent de gravier) et aussi à cause des vents violents.  Nous avons questionné un motocycliste qui remontait vers le nord et nous lui avons demandé : «Et puis, comment as-tu trouvé la route vers le sud?"  En baissant les yeux et en secouant la tête négativement, il a répondu :  «Muchos, muchos vientos (beaucoup trop de vent)».  Nous n’avons pas cru nécessaire de lui demander de préciser, par exemple :  As-tu fait une chute avec ta moto ?  T’es-tu rendu jusqu’à Ushuaia ?  Le gestuel de cet homme était assez révélateur…

Avec un pincement au cœur, nous avons donc décidé de stationner nos chevaux métalliques et de laisser une partie de nos bagages dans un garage privé, pour un moment, le temps de se rendre à Ushuaia en autobus et d'y revenir.  En effet, le propriétaire de notre camping nous a offert ce service, gratuitement, à son domicile et a ajouté qu’il le faisait régulièrement pour les grands voyageurs en motocyclette tout en nous montrant fièrement son 4 roues modifié, stationné dans son garage.


Alors, nous étions décidé de poursuivre notre route, « sac au dos, en autobus », jusqu’à notre destination.

Le temps de se réorganiser, nous avons couché deux nuitées dans ce camping tout près de l’océan où le vent soufflait.  Le vent souffle toujours, toujours, toujours.  Alors, les deux matins, nous nous sommes réveillés avec une dune de sable «dans la tente».  C’est pas compliqué, on en mangeait…


Et dans ce même camping, pour une seconde fois, c’est là que nous avons rencontré le jeune couple « charmant » de la Croatie arrivant d’Afrique.  Nous les avions déjà rencontré une première fois à Buenos Aires, plus précisément à Dakar-Moto, endroit où nous avions séjourné deux jours  - nous avions monté notre tente en arrière du garage, en attente de nos pièces de motos du Canada.

Ivan et Dajana - vous devez prononcer "Dayana", c'est beau hein !  Alors, ce jeune couple parcourent le monde depuis déjà huit mois à l’aide de leur véhicule adapté à leurs besoins.  De l’Afrique, ils ont atterri à Buenos Aires et descendent vers le sud pour mieux remonter vers le nord, peut-être jusqu’au Canada, ils l’espèrent !  Nous aussi !

Ils nous ont invité à poursuivre notre voyage avec eux jusqu’à Ushuaia et nous devrions retourner en autobus vers le nord pour récupérer nos motocyclettes.

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Il nous fait « ben curieux » de penser que nous revenons sur nos pas.

En effet, la distance à parcourir est maintenant plus courte que la distance parcourue.  Oui, nous revenons sur nos pas, nous devons cesser de nous éloigner.  La moitié du voyage est accomplie.  À partir de maintenant, nous nous rapprochons de plus en plus vers notre chez-nous, le Québec ! 

Solange et Jacques

Publié dans : Argentine : Janv10
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 22:18
Des photographies suivront cet article....
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Vendredi, le 22 janvier 2010, Jacques et moi sommes arrivés à notre destination :  Ushuaia, Terre de Feu, Argentina.  Nous sommes sur la route depuis trois mois et demie et avons parcouru :  20 128 kilomètres sur deux roues; les derniers 1 000 kilomètres, nous avons dû les rouler sur 4 roues...

Nous étions très émus, tous les deux.

Au beau milieu de ces montagnes recouvertes de neige éternelle, dans les minutes qui ont suivi notre arrivée à Ushuaia, au bout de la terre, les trois mois et demie de notre périple se sont peu à peu transformés, dans ma mémoire, en une sorte d'instant unique, d'une grande intensité, pendant lequel j'ai revécu la route.

J'ai remercié Dieu.

J'ai vécu 13 frontières.  J'ai traversé des déserts, des lacs, des montagnes, des villages, des villes et des cités.  J'ai vu des milliers de gens nous saluer sur la grande route, des jeunes, des enfants et des vieux.  J'ai roulé sur des routes interminablement droites.  J'ai roulé sous des vents violents.  J'ai roulé sous une chaleur suffocante.  J'ai roulé sous des pluies torrentielles.  J'ai roulé au milieu de rafales de sable le long de l'océan.  J'ai vu, entendu l'océan pendant des jours et des jours. J'ai éclaté de rire, et j'ai pleuré.  J'ai éprouvé la joie, la déception, la tristesse, la peur, le découragement et l'euphorie.  J'ai marché.  J'ai escaladé la montagne.  J'ai vu la misère.  La vraie misère.  J'ai vu des chiens nous courir après.  J'ai entendu le coq chanter. J'ai vu beaucoup d'animaux morts sur la route.  J'ai rencontré des aventuriers.  J'ai rencontré des voyageurs, beaucoup de grands voyageurs.  J'ai rencontré des très bonnes personnes de différentes cultures, j'ai croisé d'autres personnes, un peu moins bonnes.  J'ai appris.

J'ai réalisé un rêve et je dois maintenant revenir, retourner vers les miens.

Pour devenir, de nouveau, une mère présente pour ses trois enfants, pour retourner faire ce que je dois et du mieux que je le peux.

Je remercie Celui qui nous a protégé pendant ce grand voyage.

Solange 

 
Publié dans : Argentine : Janv10
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 12:29
Bonjour,

Ce matin, nous nous trouvons à moins de 1034 km de Terre de Feu (Isla Grande de Tierra del Fuego).  Nous longeons la Route Nationale 3.  Nous avons décidé de ne pas prendre le train à Viedma car ceux qui nous connaissent savent bien que nous préférons rouler en motocyclette...  côte à côte...

Nous croyons qu'à cause des vents des deux océans de chaque côté de notre route, le Pacifique et l'Atlantique, il vante beaucoup, mais pas trop.


 
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Publié dans : Argentine : Janv10
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 02:33

À ce jour, depuis notre départ le 5 octobre 2009, nous avons parcouru 18 249 kilomètres.

Nous vous invitons à cliquer à gauche de votre écran, en bas, maintenant.  Vous y trouverez notre album-photo intitulé :  Rouler avec nous !  À partir du Pérou jusqu'en Argentine, nous avons choisi 183 de nos meilleurs photographies de notre collection.  Nous vous suggérons de faire jouer votre morceau de musique préféré, (par exemple, Imagine de John Lennon et Ono Band) et démarrer le diaporama de l'album.

Jacques et moi espérons vous faire vivre, juste un peu plus, ce que nous voyons depuis trois mois, déjà.

Aujourd'hui, mardi, nous nous trouvons à une centaine de kilomètres de Buenos Aires, à Lobos plus précisément.  Demain, mercredi, le 13 janvier, jour de la fête de mon frère Pierre - Bonne fête Pierre ! - nous nous dirigerons vers Bahia Blanca, ensuite Viedma.  De là, nous déposerons nos motocyclettes sur le train de nuit pour se rendre à Bariloche à l'ouest de l'Argentine.  Et de Bariloche, nous prévoyons descendre vers le sud en prenant la Ruta Nacional 40 (RN40).


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Publié dans : Argentine : Janv10
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 21:50

Cela a commencé un 23 décembre... par une journée plein de promesses...

Voulant arriver plus rapidement en Argentine, nous avons décidé de prendre un raccourci par les montagnes appelées "La Cordillière des Andes" en passant par la frontière de "Aqua Negra" au Chili.

Route de gravier.  Cette route s'est avérée être très difficile à rouler, cinquante pour cent de "planche à laver" et trente pour cent de gravelle "lousse"...  nous ne pouvions pas circuler à plus de 20 kms / heure.  À cause de l'altitude, les motos roulaient pas très bien et les bougies (spark plugs) se carbonisaient facilement, ce qui a causé une consommation d'essence élevée tout en roulant à basse vitesse.

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Avant la tombée de la nuit, nous avons dû monter notre tente dans le lit d'un ruisseau asséché, le seul endroit "plat" que nous avons trouvé, tel que la photo l'indique ci-dessous.  Terres arides :  Là où il est très rare de voir passer une automobile.  Là où il n'y a aucun animal et là où rien ne pousse.  Rien de vert.  Tout autour de nous, que des montagnes avec des précipices.  Comme nourriture :  3 barres de granola, 1 boite de poisson en canne, 1 pêche et un peu d'eau.  Le moindre effort physique causait des étourdissements et des essoufflements.   YFAISAFRETTTTTTTTTTTTTTE.

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Le lendemain, vers 14 heures, en plus des problèmes mécaniques, nous avons eu une panne d'essence au sommet de la montagne.  Nous nous trouvions toujours dans la zone franche entre le Chili et l'Argentine, à 6 332 mètres d'altitude, là où se déposent les neiges éternelles, vous savez, là où l'on dit que l'eau est pure...

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Nous étions presque en condition de survie.

Le 24 décembre :  On a dû monter notre tente une seconde fois car il n'y avait pas homme qui passait.  On se sentait seuls au monde dans un environnement inhospitalier.  Roches, roches, gravel, gravel, tout était brun.  Il y avait beaucoup de grands vents froids avec du soleil très chaud.

Le matin du 24 décembre, un homme d'origine japonaise nous est apparu et il était en bicyclette.  Il était parti de l'Alaska et se dirigeait, lui aussi, vers la Terre de Feu.  Cela faisait 17 mois qu'il voyageait.

2009-12-25Chili 024


Vers 16 h 30, deux automobilistes nous ont embarqués et nous sommes revenus sur nos pas :  les douanes du Chili.  On a dû laisser nos motos et tous nos bagages à la montagne.

Alors, une fois revenus aux douanes chiliennes situées au milieu de nulle part - ces douanes-là étaient à une centaine de kilomètres de la première ville... électricité par génératrice, les douaniers nous ont offert nourriture et couchette gratuitement parce que réellement c'était des chambres pour les personnes illégales ou recherchées arrêtées aux douanes, donc c'était une prison.  Vous savez, ces portes avec des gros cadenas...  et nous étions les seuls détenus.  C'était un 24 décembre.  Il était 20 heures.

Pas de savon, pas de serviettes pour se laver et la douche, on en parle pas.  Alors, Jacques est allé voir le gardien et celui-ci lui a prêté son savon personnel et sa serviette personnelle... on a ri... on s'est dit que lui, le 24 au soir, il serait tout sale et que nous, tout propre.  En fin de compte, Solange n'a pas pris de douche...  et notre gardien, Francisco a bien voulu se faire photographier.  Il était très gentil.

2009-12-25Chili 101 
 
Le lendemain, le jour de Noel, nous nous sommes organisés pour envoyer un camion chercher nos motos et nos bagages.  Quelqu'un nous a procuré de l'essence et nous avons rebroussé chemin pour passer aux douanes 500 kilomètres plus au sud sur une belle route pavée :  La Panaméricaine.

Ce fut toute une expérience ... en arrivant vers le monde civilisé, après 2 jours dans la montagne, nous avions faim !  ...on court pas après ces aventures-là... mais ça arrive pareil... et cela nous permet de vraiment se mesurer à nous-mêmes.
 
... et nous continuons notre route vers le bout de la terre...

Jacques et Solange
 

Publié dans : Chili : Déc09
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